Analyses et humeurs sur le jeu de société

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Aux sources du jeu

Le jeu de société est-il sociable ?

Jeu, tu, nous

Le monde du jeu de société, que je côtoie depuis peu, est un monde de gentils. Je peux l’affirmer sur la foi de mes maigres expériences de rencontres ludiques et de pratique du jeu de société en ligne.

Cette convivialité peut sans doute s’expliquer par l’âge et l’éducation de ses pratiquants (là aussi, je me base sur une étude très sérieuse menée par moi même sur un échantillon très représentatif d’individus élevés au bon grain). Le partage d’une même passion est aussi, je vous l’accorde, un gage de complicité naturelle.

Par opposition à d’autres loisirs dits « communautaires » comme le jeu vidéo, on se sent d’instinct très bien accueilli dans ce petit monde ludique et c’est tant mieux.

Retour aux sources

Le « jeu de société » est appelé ainsi parce qu’il se pratique à plusieurs. Les anglo-saxons, plus matérialistes c’est bien connu, préfèrent se référer au support et parlent de « tabletop games » pour ces jeux qui se jouent sur une table (et pas sur une télé ou un terrain de sport). Ce sens pratique leur assure une supériorité économique qui n’est plus à démontrer mais je m’égare.

Groupe de jouerus découvrant trictrac.net

Société de joueurs découvrant trictrac.net

Le groupe de joueurs qui se réunit temporairement autour d’une même table constitue donc une micro-société d’intérêt commun. Certes. Mais n’est-ce pas là que le bât blesse ?

Table bancale

Car si on retire à cette micro-société son centre d’attention, à savoir le jeu, que reste-t-il ? Je vais vous le dire : un groupe d’ex-joueurs qui s’éparpille avec le vent.

On peut ainsi reprocher à la pratique ludique le revers de sa médaille. Autant il est facile de constituer un groupe de joueurs enthousiastes qui ne se connaissaient pas l’instant d’avant. Autant une fois le jeu terminé, rien ne vient maintenir cette éphémère cohésion.

Les jeux de communication et de coopération sont sans doute ceux que je préfère dans ce cadre car ils entraînent une complicité immédiate. Mais eux non plus n’encouragent pas vraiment à découvrir le quelqu’un (muni d’un petit cœur qui bat parfois la chamade) derrière le joueur.

Tout ça pour dire que je regrette personnellement que, bien souvent, au cours des rencontres ludiques, la fermeture de la boîte signifie aussi la fin des échanges. Il ne tient qu’à moi d’en obtenir plus, me diriez-vous. En effet et j’espère bien vaincre cette timidité à la prochaine occasion.

En conclusion (il en faut une), le jeu est certes « de société » mais n’est réellement sociable que si les joueurs s’y attachent.

Crédit image : Le Jeu du trictrac, Chez Charpentier, 1715. Fragment du frontispice, gravure de Tardieu


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