Analyses et humeurs sur le jeu de société

Journal de bord

#7

La critique sociétoludique francophone est pauvre. Certes on trouve de nombreux blogs et podcasts ludiques qui parlent des dernières sorties et tentent un passage en revue détaillé mais on manque désespérément de plumes critiques, analytiques, subjectives, pointilleuses, engagées. Pour sortir du « on joue comme ça, le matériel est magnifique, c’est fun » (moi le premier).

Cette frivolité est dommageable. L’appareil critique semble en effet nécessaire pour faire reconnaître le domaine, pointer du doigt les errances du secteur et aiguiser l’œil des consommateurs avertis. C’est l’un des indices attendus de la professionnalisation du jeu.

Une explication à cette timidité ? Ce n’est sans doute pas la seule mais la taille réduite du marché francophone me semble une des pistes. Difficile en effet d’aller critiquer le travail des professionnels du secteur (auteurs, éditeurs) alors même qu’on les croise tous les matins sur les réseaux et tous les mois sur les salons. D’autant plus impossible quand on espère faire copain-copain, faire éditer un de ses jeux ou se faire offrir des boîtes de jeu à promouvoir.

Un problème de jeunesse qui devrait s’effacer de lui-même alors que le secteur s’agrandit à toute vitesse et devient de plus en plus impersonnel. Un mal pour un bien donc.


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